Sous la cote AD18 6F/37, on trouve un parchemin de 1303 décrivant les droits seigneuriaux s'appliquant à la Loire.
Seigneurie sur la Loire - le mercredi avant la Saint-Pierre d’août 1303.
Transaction entre le Comte de Sancerre et les abbés et le couvent de Saint-Satur lié aux rouliers et ramées fait et a faire sur la Loire, au droit de pêche, et aux atterrissements qui pourraient se faire dans la dite rivière.
Transcription brute
A tous ceux qui verront ces présentes lettres. Nous humbles abbés de l'église de Saint-Satur et tout le couvent de cette même leu salut en notre segoz. Comme nous abbés et xx de fait rouiller et ramees sur le rivage de Loire pTransour défendre notre terre et notre justice. Laquelle la dite rivière de Loire a pour grommelage notre en rougeant et en gatant les rives en notre terre et en notre justice. Et nobles homme Etienne cueus de Sancerre se désiste de nos rouleaux de ramees : de tant comme nous en avons fait en sa terre et sa justice. De laparfin il fut annuablement accordé entre nous et ledit noble que ce que nous avons fait au voilleiez et aux ramees en sa terre demoze (demeure) en son état, et que nous puissions des huit en avant faire voillez et ramees de la dite riviere de Loyre en la terre et en la justice du dit noble. Dès la borne qui depart notre justice et celle du dit noble vers notre port de Saint-Thibault jusque a la borne que le doyen nous a agencé et faite mettre pres du lieu où la rivière de la Vauvise se siert en Loire. Et ledit cuens pourra faire roiller et rammer en notre terre et notre justice des la Motte Millet jusque au ruau de Corneboeuf. Same a chacun de nous c'est a savoir a nous et au dit noble le droit de justice en sa terre en saisine et en propriété tel comme chacun l'a acostumé a banoir. Et toute bonne nous ne l'a dit noble ne pourrons contraindre le bus l'autre ne faire contreindre a faire les dits roillez ni les dites ramees. Derechef il est accordé entre nous et ledit noble que nous et ledit noble pourrons pêcher et faire pêcher es souillez et ramees que nous ferons et havons en sa terre et en sa justice et leurs de sus dit.s C'est a savoir dès la borne qui depart notre justice et celle du dit noble vers notre port de Saint Thibault jusque a la borne que le dit cuens nous a affensé et fait mettre pres du lieu ou la rivière de la Vauvise se siert en Loire. Et ledit cuens et nous pourrons pêcher et faire pêcher es rouillez et es ramees que il fera et haura fait en notre terre et en notre justice. C'est a savoir de la motte Milet jusqu' au ruau de Corneboeuf du sus dit. Derechef il est accordé entre nous et ledit noble que nous et ledit noble pourrons ôter le bois que chacun haura mis en lieux de sus dits et porter et faire sa bolente ou mettre ailleurs dedans les fours de ces lieux, là où chacun verra même son profit. Et est accordé que se il croissoit par la force des roullier et des ramees de sus dites que nous avons ferons ou avons fait en la terre du dit noble si comme il est entendu par les bonnes de susdites ou par autre armature sauloies buteaux ou prés ou autres choses es lieux et se fin de susdit se fera propre dudit noble ne nous ne pourrons ni ne devrons réclamer nul droit. Et aussi se per la force des ramees et des roulliez que ledit noble fera ou haura fait en notre terre et notre justice devant les bornes de sus nommées ou par autre aventure (armature), croiffort, sauloies, buteaux ou prés ou autres choses es lieux et es fins de sus dit ce seront notre propres et ledit noble ne pourront ni ne devront réclamer nul droit. Et est accordé que nous ne pourrons faire en la terre le conte le di cuens en la nôtre terre voilleiez ni ramees ne autres eurent pour quoi le rivage de notre port ou du sien ou de celui qui est tenu de la puisse être empêché. Et est accordé entre ledit noble et nous que quelque-chose que nous avons faite ou faciens (ferrons ? ) de ça en avant en la terre et en la justice es lieux et es fins de sus dit ne puisse faire prendre a nous ni au dit noble. Et toutes ces choses nous promettons en toute foi a tenir et garder fermement a tout azymes. Et oublions nous nos humbles et tous les biens de notre moustier. Donc et de nos sceaux scellés l'an notre seigneur mil trois cent et trois le mercredi devant la saint pierre d'août (?).
Proposition de traduction en français moderne
À tous ceux qui verront ces présentes lettres,
nous, abbé et couvent de l’église de Saint-Satur, adressons notre salut en Notre Seigneur.
Comme nous avons fait construire des ouvrages (digues, fascines) sur les rives de la Loire pour défendre notre territoire et notre juridiction, et que ladite rivière cause des dommages en rongeant et en dégradant les berges situées sur nos terres ;
Et comme le noble Étienne, comte de Sancerre, renonce à contester les ouvrages que nous avons réalisés sur ses terres ;
Il a été convenu à l’amiable entre nous et lui que les ouvrages déjà réalisés sur ses terres resteront en l’état, et que nous pourrons désormais continuer à en construire sur la Loire dans ses terres et sa juridiction, depuis la limite entre nos deux territoires, près de notre port de Saint-Thibault, jusqu’à la borne placée près du confluent de la Vauvise avec la Loire.
De même, le comte pourra faire de tels ouvrages sur nos terres, depuis la Motte Millet jusqu’au ruisseau de Corneboeuf.
Chacun conserve son droit de justice, de possession et de propriété sur ses terres, comme auparavant.
Aucun de nous ne pourra contraindre l’autre à construire ces ouvrages.
Il est également convenu que nous pourrons pêcher (et faire pêcher) dans les installations que nous aurons construites sur les terres du comte, dans les limites définies ci-dessus ; et réciproquement, le comte pourra pêcher dans celles qu’il construira sur nos terres.
Chacun pourra enlever le bois qu’il aura utilisé dans ces ouvrages et en disposer librement.
Si des terres, des prés, ou d’autres éléments se forment (par dépôt ou transformation) du fait des ouvrages construits sur les terres du comte, ils appartiendront au comte sans que nous puissions en revendiquer la propriété ; et inversement, ce qui se formera sur nos terres du fait des ouvrages du comte nous appartiendra.
Il est aussi convenu que ni nous ni le comte ne pourrons réaliser d’ouvrages qui empêcheraient l’accès ou l’usage des ports (le nôtre, le sien ou ceux d’autrui).
Enfin, aucun des aménagements réalisés ne pourra servir de prétexte à une saisie ou revendication contre l’une ou l’autre partie.
Nous promettons de respecter tout cela de bonne foi et pour toujours, en engageant les biens de notre monastère.
Fait et scellé en l’an 1303, le mercredi précédant la fête de la Saint-Pierre d’août.